
Les bilans sont tombés pour 2009. Le secteur de l'immobilier d'entreprise a connu une année sucrée-salée.
Côté sucré
C'est un marché de l'investissement qui semble avoir touché le fond et commence même à rebondir. Certes, au niveau des volumes, 2009 reste une "annus horribilis", avec entre 7,8 et 8,4 Mds d'euros engagés en immobilier d'entreprise en France, selon les statistiques des conseils. Un recul de 40 % par rapport à 2008 et près de 75 % par rapport au pic de 2007.
Heureusement, le dernier trimestre, avec 3,5 Mds d'euros investis, contraste nettement avec un premier trimestre où seulement 500 M d'euros s'étaient placés en Ile-de-France. On retrouve des transactions significatives, avec 5 deals de plus de 100 M d'euros et 29 acquisitions de plus de 40 M d'euros.
Les raisons de cette reprise : un afflux de liquidités sur le marché français, une confiance retrouvée dans l'immobilier, une prime de risque attractive et un environnement financier redevenu favorable avec des taux d'intérêt historiquement bas.
En conséquence, le marché assiste à une stabilisation des taux de capitalisation, et même une légère compression au dernier trimestre sur des produits "prime", de l'ordre de 25 à 50 points de base dans Paris QCA. La baisse se propage même au Croissant Ouest où la barre des 7% de rendement est tombée avec la vente du Blériot à Suresnes et même en région avec, par exemple, l'acquisition d'Anthémis et de CityOne à Lyon sur la base de 6,5%.
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Côté salé
C'est un marché locatif qui n'en finit pas de se tendre dans les bureaux.
Avec 1,8 M de m² placés en Ile-de-France selon IPD-Immostat, on enregistre un recul de 24 % du take-up d'une année à l'autre. Conséquence de la politique de rationalisation et de recherche d'économies des utilisateurs, le niveau d'absorption nette est largement négatif :
- 100 000 m² selon BNP Paribas Immobilier.
Le recul de la demande placée est quasi-général sur les marchés tertiaires franciliens, à l'exception de la Rive Gauche qui progresse de 51% selon Cushman & Wakefield à 157 000 m² placés grâce à 5 transactions de plus de 5 000 m². Sans surprise, l'offre de bureaux augmente sensiblement, le taux de vacance à 6 mois passe la barre des 8 %. Une première depuis 12 ans, note Cushman & Wakefield qui table sur un seuil des 10% cette année.
Le ralentissement de la production neuve (825 000 m² en cours de construction à fin 2009) tempère l'augmentation de l'offre à un an, estimée à 4,7 M de m². Le déséquilibre patent entre l'offre et la demande se retrouve dans des valeurs locatives en net recul :
-16 % sur le QCA et -14 % sur le Croissant Ouest.
Pour retrouver un certain équilibre dès 2010, il faudrait une croissance économique bien supérieure à 1,5 %, le consensus des économistes. 2010 s'annonce pudiquement comme une année de transition.
Et c'est toujours dans les transitions qu'émergent les grandes mutations.
Article publié par Business Immo, l'hebdo d'information de l'immobilier professionnel
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