La rue de la Ré dans le Top 100
Posté dans Actualités immobilières Grand Lyon par webiz le .

A la faveur d’investisseurs, son patrimoine a été revalorisé, les loyers aussi. Le tout au détriment des indépendants.
Une 108ème place en 2009, une 99e cette année. La rue de la République s’arrache dans le Monopoly lyonnais. Jamais cette artère devenue franchisée n’a été autant convoitée par les enseignes internationales.
Son entrée dans le top 100 des artères commerçantes les plus chères s’explique par cette évolution du commerce vers le mass market, mondialisation oblige. Mais l’élément déclencheur fut la revalorisation de la rue, nettement marquée par l’arrivée de la société immobilière ANF.
En se rendant propriétaire d’une cinquantaine d’immeubles haussmanniens dans lesquels elle a investi 100 millions d’euros en trois ans, ANF, ne pouvait que faire grimper les loyers. La version officielle étant celle “d’une adéquation avec les prix du marché”.
Les enseignes, elles, se sont engouffrées dans une rue qui possède des arguments. Sa fréquentation de plus de 100 000 visiteurs le week-end, est l’élément majeur. Elle réalisait ainsi le meilleur chiffre d’affaires de la ville en 2007, avec 219 millions d’euros lorsque la rue Président Edouard-Herriot, pourtant plus sélect, ne réalise “que” 52 millions d’euros.
“Il s’agit d’une reconnaissance qui justifie un peu tous les investissements que l’on fait. L’essentiel de notre politique de commercialité est d’avoir une mixité entre commerce de proximité et enseignes à forte notoriété. Propriétaires de 400 logements, nous souhaitons offrir à nos habitants ce qu’il faut pour vivre au quotidien“, énonce Xavier Delacoste pdg d’ANF à propos du classement.
Un discours qui peut surprendre car la plupart des indépendants sont partis après déplafonnement de leur loyer. Sur quelque 200 commerces, on n’en dénombre plus qu’une vingtaine, dont Kaktus, Camara, Levi’s…, essentiellement situés dans la partie Nord de l’artère, la moins chère (800 à 1 000 euros/m²). Les emplacements numéro 1 se concentrent, eux, entre la place de la République et la place Bellecour.
Dans cette portion (à plus de 2 000 euros/m²), des enseignes sont mêmes capables d’être déficitaires pourvu qu’elles soient présentes.” Les indépendants ne peuvent plus être rue de la “Ré” en terme de rentabilité mais Lyon maintient des rues où ils sont très présents, beaucoup plus que dans des villes équivalentes comme Toulouse, Bordeaux, Marseille, souligne-t-on à la Chambre de Commerce et d’Industrie.
Rue de la “Ré”, après Mango qui débourse 460 000 euros de loyer annuel, H&M qui, dit-on, va bien au-delà, la marque espagnole Desigual est annoncée à la place du magasin Benetton vient de fermer. Son gérant indépendant, Fabio Pagotto, explique n’avoir pas eu le choix face à l’inflation de son loyer passé de 41 000 euros annuels à 96 000 euros. Sans rancune contre la société foncière “qui fait son job dans un cadre légal“, mais plus amer vis-à-vis du politique et du juridique, le commerçant part s’installer à Villeurbanne.
“Même s’il s’agit de mass market, il y a un souci de diversité et de qualité de la part d’une société qui est là pour valoriser son patrimoine. Avoir une offre commerciale attractive et dynamique bénéficie au commerce de toute la presqu’île“, commente Sophie Billa. La responsable du pôle filières et design à la Direction du commerce de la CCI en profite pour souligner que les déplafonnements de loyers sont en ?uvre partout, et pas seulement rue de la “Ré”, “parce qu’ils étaient historiquement faibles.
Source : Article de Dominique Menvielle paru dans le Progrès de Lyon, 4 Juillet 2010.
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